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Intégrer des actifs au capital social : comment bien évaluer vos apports en nature ?

Pourquoi accorder de l’importance aux apports en nature ?

Lors de la création ou de la transformation d’une société, la constitution du capital social représente une étape structurante. Celui-ci peut être composé de trois types de contributions :

  • 💶 Les apports en numéraire, soit des sommes d’argent
  • 🧠 Les apports en industrie, qui correspondent à un savoir-faire
  • 📦 Les apports en nature, regroupant tous les biens – matériels ou immatériels – remis à la société (ex : brevets, logiciels, sites web, bases de données, équipements…).

Les apports en nature sont particulièrement stratégiques lorsqu’un entrepreneur souhaite valoriser des actifs qu’il a développés en amont de la création de l’entreprise. Pour qu’ils soient intégrés efficacement dans le capital, une évaluation rigoureuse est indispensable.


Quels sont les enjeux d’une bonne évaluation des apports en nature ?

🎯 Assurer une répartition juste du capital
Une évaluation fiable permet d’éviter les déséquilibres entre associés. Une sous-évaluation pénalise le porteur d’actif ; une surévaluation risque de générer des conflits ou d’attirer l’attention de l’administration fiscale.

⚖️ Éviter les sanctions juridiques
Une mauvaise foi dans la valorisation (volontaire ou non) peut être considérée comme une tentative de fraude. Le Code de commerce prévoit jusqu’à 5 ans de prison et 375 000 € d’amende pour les dirigeants impliqués dans une surévaluation frauduleuse.

📈 Renforcer la crédibilité financière
Un capital social enrichi par des actifs immatériels bien valorisés peut améliorer la perception de l’entreprise auprès des banques, des investisseurs ou encore des partenaires commerciaux.


Quand devez-vous faire évaluer un apport en nature ?

Plusieurs situations nécessitent une évaluation sérieuse :

  • 🏁 À la création de l’entreprise, notamment si l’on intègre des actifs existants au capital
  • 🔄 Lorsqu’un nouvel associé rejoint la société, avec un actif à apporter
  • 🧩 Dans le cadre d’opérations juridiques comme une fusion, une filialisation ou la création d’une holding

Comment s’effectue la valorisation d’un apport en nature ?

Un apport en nature se valorise à partir de plusieurs critères objectifs :

  • Le temps passé au développement (converti en valeur à l’aide d’un taux journalier moyen)
  • Les investissements réalisés (licences, serveurs, prestataires, etc.)
  • Le niveau de maturité de l’actif (fonctionnalité, protection juridique, obsolescence)
  • Son potentiel économique (chiffre d’affaires généré ou attendu)

📝 L’ensemble de ces éléments est formalisé dans un rapport d’évaluation. Dans certaines conditions (aucun apport > 30 000 € et total des apports < 50 % du capital), la nomination d’un commissaire aux apports peut être évitée, à condition d’unanimité des associés (loi PACTE).


Points de vigilance et recommandations

🚫 À éviter absolument :

  • Les évaluations approximatives ou non justifiées
  • Le manque de traçabilité (pas de preuve des coûts ou du développement)
  • L’absence de structuration du rapport

Bonnes pratiques :

  • S’appuyer sur un expert en valorisation d’actifs
  • Conserver toutes les preuves de développement (temps passé, dépenses, livrables)
  • Utiliser une méthode reconnue (coût historique, valeur de marché, flux futurs)

Qui peut vous accompagner dans cette démarche ?

Pour mener à bien cette opération sensible, plusieurs intervenants peuvent être mobilisés :

  • 🧮 Un expert en évaluation d’actifs : pour déterminer la valeur monétaire de l’apport
  • Un commissaire aux apports : pour valider officiellement l’évaluation
  • 📚 Un expert-comptable ou un avocat : pour garantir la conformité et intégrer correctement la valeur au capital

Diag & Grow : votre partenaire pour évaluer vos apports en nature

Chez Diag & Grow, nous aidons les créateurs d’entreprise à évaluer objectivement leurs actifs immatériels. Notre mission :

  • Vous fournir un rapport d’évaluation crédible et structuré
  • Vous aider à sécuriser votre opération juridiquement et fiscalement
  • Vous permettre de renforcer la solidité de votre capital social

💬 Besoin d’un accompagnement sur mesure ? Échangeons dès maintenant sur votre projet.

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Logiciel, IA, plateforme : comment protéger concrètement votre produit contre la copie ou le vol ?

Introduction

Vous avez investi des mois – parfois des années – à développer votre logiciel, votre IA, votre outil SaaS. Il est fonctionnel, unique, structurant pour votre business… mais est-il protégé contre la copie illégale, la contrefaçon ou l’appropriation non autorisée ?

Dans un monde où le logiciel se distribue à l’échelle mondiale et où le code peut circuler en quelques clics, il est essentiel de comprendre vos droits et de mettre en place les bons réflexes pour protéger votre technologie.

Dans cet article, vous allez découvrir :

  • Les erreurs fréquentes dans la protection logicielle
  • Les mécanismes juridiques réellement disponibles
  • Les réflexes à adopter pour renforcer vos preuves de propriété
  • Et les bonnes pratiques pour limiter les risques dès aujourd’hui

1. Pourquoi protéger votre logiciel est essentiel

Le vol de logiciel n’est pas un scénario hypothétique. Il prend des formes variées :

  • Un ancien collaborateur qui réutilise votre code pour monter une startup concurrente
  • Un client qui dépasse le cadre de la licence achetée
  • Un concurrent qui intègre discrètement une partie de vos scripts ou de votre base d’apprentissage IA

Sans protection, vous vous exposez à :

  • une perte de valeur en cas de levée de fonds ou de cession,
  • un affaiblissement de votre avantage concurrentiel,
  • une incapacité à agir juridiquement, faute de preuve ou de formalisation suffisante.

Et contrairement à ce qu’on croit souvent, les brevets ne sont pas votre seule option.


2. Que dit la loi ? Ce que vous pouvez (vraiment) protéger 📜

En France (et dans la majorité des pays européens), un logiciel est protégé par le droit d’auteur dès sa création, sans formalité obligatoire.

Cela inclut :

  • Le code source
  • La documentation technique
  • Les bases de données associées
  • L’architecture logicielle
  • Les éléments de design et d’UX

Mais pour que ce droit soit opposable en cas de litige, vous devez prouver :

  1. Que vous êtes bien l’auteur ou le titulaire des droits
  2. Que votre logiciel existait bien à une date précise
  3. Que les éléments copiés sont originaux

⚠️ Le brevet, quant à lui, est rarement applicable aux logiciels purs, sauf s’ils intègrent une invention technique identifiable (ex : traitement du signal, compression, protocole innovant…).


3. 3 erreurs fréquentes qui fragilisent vos droits

Même si la protection existe en théorie, de nombreuses entreprises affaiblissent leur position par des négligences :

❌ 1. Ne pas formaliser les cessions de droits des développeurs

  • Un prestataire freelance ou stagiaire détient les droits d’auteur par défaut… sauf si une cession explicite est prévue dans le contrat.
  • Sans ce document, vous ne pouvez pas prouver que vous êtes propriétaire du logiciel.

❌ 2. Ne pas conserver les traces de création

  • Sans preuves tangibles (horodatage, dépôt), difficile de démontrer l’antériorité du développement.
  • En cas de copie, vous serez dans une position faible face à un concurrent mieux préparé.

❌ 3. Croire que “tout est protégé automatiquement”

  • Certains éléments (interfaces, APIs, bases de données, IA entraînées sur des corpus publics…) peuvent ne pas être protégés ou tomber dans des zones grises juridiques.
  • Une analyse juridique s’impose pour éviter les fausses certitudes.

4. Les bons réflexes pour sécuriser votre logiciel

✅ 1. Rédigez des contrats solides

  • Incluez dans vos contrats de travail ou de prestation une clause de cession de droits claire, couvrant le code, la documentation, les designs et les bases associées.
  • Vérifiez que cette clause couvre toutes les utilisations prévues (commercialisation, sous-licence, modification…).

✅ 2. Déposez des preuves d’antériorité

  • Utilisez des services comme l’APP (Agence pour la Protection des Programmes), l’INPI, ou des solutions blockchain pour dater et enregistrer votre code.
  • Une preuve horodatée devient un élément clé en cas de contentieux ou de due diligence.

✅ 3. Sécurisez l’accès à votre code

  • Mettez en place des outils de gestion des accès (Git, GitLab, audit de commits) pour savoir qui fait quoi, quand.
  • Évitez les partages sauvages de code par mail ou drives non sécurisés.

✅ 4. Cadrez l’usage avec vos clients

  • Prévoyez une licence d’utilisation (limitée, exclusive ou non, avec ou sans droit de modification).
  • Limitez les transferts ou l’installation sur d’autres serveurs sans votre accord.

5. La PI, un enjeu stratégique dans les levées de fonds et cessions

Les investisseurs et repreneurs scrutent de plus en plus la propriété intellectuelle d’un logiciel.
Un produit bien structuré, documenté, juridiquement clair peut :

  • augmenter votre valorisation de manière significative,
  • accélérer les due diligences,
  • éviter des clauses de garantie ou des pénalités liées à des risques juridiques.

💬 Un avocat M&A vous le confirmera : une startup tech qui n’a pas cédé les droits de ses prestataires perd immédiatement en crédibilité auprès des fonds.


6. Et pour l’IA, les bases de données, le no-code ?

La protection ne concerne pas uniquement les logiciels « classiques ».

  • Les modèles d’IA sont souvent protégés comme des œuvres composites ou des savoir-faire industriels. La base d’entraînement, elle, peut relever du droit des bases de données.
  • Les outils no-code ou low-code : même si vous n’écrivez pas de code, vous pouvez protéger vos configurations, workflows, et données associées, sous réserve de documenter leur originalité.

📌 Astuce : tenez un journal de projet, où vous archivez les évolutions structurantes de votre produit avec des captures, exports, schémas ou exports PDF. Cela peut devenir un précieux dossier de preuve.


Conclusion : protéger son logiciel, c’est protéger sa croissance

Votre logiciel est un actif clé.
Le protéger, ce n’est pas « jouer à l’avocat », c’est :

  • sécuriser votre avantage concurrentiel,
  • éviter les litiges futurs,
  • rassurer vos investisseurs,
  • et préparer la scalabilité de votre entreprise.

En résumé, voici les 5 actions prioritaires à mettre en place :

✅ Obtenez des cessions de droits écrites de tous les contributeurs
✅ Déposez vos codes sources ou bases régulièrement
✅ Limitez les accès et tracez les modifications
✅ Cadrez les licences et l’usage client
✅ Documentez les composants sensibles (open source, corpus, etc.)

🔒 Un logiciel bien protégé, c’est un produit plus crédible, plus valorisable… et beaucoup plus difficile à voler.

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Le rôle du CEO dans la qualité logicielle

Piloter la croissance sans compromettre la stabilité 💼💻

Lorsqu’on parle de qualité logicielle, on pense immédiatement aux développeurs, à l’équipe technique, aux tests, aux outils DevOps… Pourtant, l’un des rôles les plus déterminants dans la qualité d’un logiciel n’est pas technique : c’est celui du CEO.

Un logiciel, ce n’est pas qu’un produit. C’est un actif stratégique. Et sa qualité reflète directement les choix, priorités et arbitrages de l’équipe dirigeante.

Dans cet article, on va voir pourquoi le niveau de qualité d’un produit est rarement supérieur au niveau d’exigence de sa direction, et comment le CEO peut devenir un acteur-clé de la performance technique, sans jamais avoir à écrire une ligne de code.


1. Ce que la qualité logicielle dit de votre entreprise

La qualité d’un logiciel n’est pas seulement une question de bugs ou de performances. C’est une manifestation concrète de votre culture d’entreprise.

Un produit bien conçu, robuste, maintenable, documenté, testé, reflète :

  • une organisation structurée,
  • des priorités claires,
  • une capacité à gérer la complexité,
  • une volonté de durer.

À l’inverse, un logiciel fragile, instable, mal documenté traduit souvent :

  • une pression court-termiste,
  • des objectifs mal alignés,
  • un manque d’écoute des équipes tech,
  • et une absence de stratégie produit claire.

➡️ En d’autres termes : la qualité technique d’un produit est le miroir des décisions stratégiques.


2. Le premier rôle du CEO : poser une vision claire

Un CEO n’a pas à valider des PR ou rédiger des tests unitaires. Mais il a une responsabilité essentielle : donner un cadre d’exigence et de priorisation.

Voici les questions qu’un CEO devrait se poser (et poser à ses équipes) :

  • Quelle promesse client voulons-nous tenir, systématiquement ?
  • Jusqu’à quel niveau de fiabilité sommes-nous prêts à aller ?
  • Quels types de bugs ou d’instabilité ne sont pas acceptables ?
  • Est-on prêt à retarder une livraison si la qualité n’est pas au rendez-vous ?

💡 Ces décisions orientent toute l’équipe, même sans directive explicite.
Un CEO qui banalise les bugs ou exige des livraisons « quoi qu’il en coûte » envoie un message clair : la qualité est optionnelle.


3. Arbitrer la pression client sans sacrifier l’équipe technique

L’un des rôles les plus délicats du CEO est de faire tampon entre la pression commerciale et la réalité technique.

Quand un client exige une fonctionnalité “pour lundi”, le réflexe naturel est de transmettre la pression aux développeurs. Mais cela crée :

  • du stress chronique,
  • des raccourcis risqués,
  • et une dette technique invisible mais exponentielle.

Un bon CEO doit savoir dire :

  • « Non, pas à cette date. »
  • « Oui, mais avec un périmètre réduit. »
  • « Oui, mais on bloque une journée pour fiabiliser juste après. »

En d’autres termes : protéger l’équipe technique, c’est protéger le produit.

👉 Un CEO mature absorbe la pression au lieu de la transmettre. Il crée un espace où la qualité peut émerger, même dans un contexte commercial exigeant.


4. Allouer du temps à la qualité (sans demander la perfection)

L’un des plus grands malentendus autour de la qualité, c’est qu’elle coûterait « du temps ».
En réalité, ce qui coûte du temps, ce sont :

  • les régressions,
  • les bugs critiques en prod,
  • les fonctionnalités gelées à cause d’un code incompréhensible.

La qualité ne ralentit pas. Elle fluidifie.

Mais pour qu’elle existe, il faut que le CEO :

  • accepte que tout sprint ne soit pas « rempli » à 100 % de features,
  • valide des chantiers de refactorisation ou de documentation,
  • mesure aussi les progrès techniques, pas seulement les livraisons visibles.

💡 Exemple : intégrer 15 % de capacité de sprint pour la dette technique est une excellente pratique de gouvernance produit.


5. Créer un environnement favorable à l’excellence technique

Le rôle du CEO est aussi culturel. Il ou elle peut favoriser la qualité de plusieurs façons :

🌱 Valoriser les bons comportements :

  • Célébrer un bug évité grâce à un test.
  • Applaudir une PR bien documentée.
  • Encourager les questions sur l’architecture ou la sécurité.

🧰 Financer les bons outils :

  • Analyse statique du code (ex. SonarQube)
  • Audit de dépendances open source (ex. Snyk)
  • Intégration continue fiable

📊 Suivre les bons indicateurs :

  • Taux de bugs en production
  • Temps moyen de correction
  • Taux de couverture de test sur les modules critiques

La qualité est un système, pas une consigne. Et le CEO est l’architecte de ce système.


6. Pourquoi la qualité logicielle est un enjeu business

Un logiciel de mauvaise qualité ne pose pas seulement des problèmes internes. Il crée :

  • une mauvaise expérience utilisateur,
  • une image dégradée de la marque,
  • une fatigue de l’équipe technique,
  • une complexité accrue lors d’une levée de fonds ou d’une cession.

À l’inverse, un produit bien structuré, solide, auditable :

  • facilite l’innovation,
  • améliore la rétention client,
  • réduit les coûts de maintenance,
  • augmente la valeur de l’entreprise.

💰 Lors d’un audit technique en M&A, la qualité logicielle peut faire varier la valorisation de manière significative.
Ce n’est pas un sujet “secondaire” : c’est un levier de création de valeur.


Conclusion : le CEO, garant invisible de la qualité

Vous êtes CEO ou dirigeant ? Voici ce que vous devez retenir :

✅ Vous n’avez pas besoin d’être un expert technique.
✅ Mais vous avez un impact décisif sur la qualité du logiciel.
✅ Vos arbitrages, vos priorités, votre manière de gérer la pression façonnent le produit final.
✅ La qualité logicielle est un investissement stratégique qui se décide dès la direction générale.

En assumant ce rôle, vous ne devenez pas un CTO bis.
Vous devenez un CEO qui construit une entreprise pérenne, innovante, scalable.

Et c’est exactement ce que les investisseurs recherchent.